« Présence de Solitudes » Philippe Brame et Dominique Ponnau

13/12/2017

 

Sous ce titre qui conjugue deux réalités considérées le plus souvent comme antinomiques, Dominique Ponnau et Philippe Brame ont conjugué leurs talents de poètes, le premier par les ciselures du verbe, le second par la transfiguration de la modestie des lieux et des choses. Ils nous offrent un merveilleux petit livre paru chez Ginkoéditeur.

 

De ces églises principalement de l'Aube, mais pas uniquement, souvent oubliées voire délaissées, ils extraient la présence de la mémoire des hommes, souvent tragique, parfois plus joyeuse, rarement sereine, sous la poussière des siècles et des chaisières disparues. Ces fiançailles de l'image et du verbe nous rappellent ces paroles de Lamartine : « Objets inanimés/Avez-vous donc une âme/ Qui s'attache à notre âme/ Et la force d'aimer ? » Ici, nulle injonction pour aimer. C'est un sourire humble et bienveillant que nous adressent dans leur silence qui n'est pas mutisme, les objets blessés, oubliés, négligés, devenus sans usage. Ils dégagent pourtant le parfum précieux de ces souvenirs réveillés que l'on croyait à jamais enfouis.

 

L'image susurre à l'âme le langage des rêves éveillés de notre enfance, et le texte en échos convoque les notes grêles d'une mélopée où alternent les croches graciles de l'espérance et les noires pointées des œuvres du temps et de la mort.

 

Ce petit livre est un pur bonheur. Une grâce en ce temps d'Avent. Un réceptacle à placer sur sa table de nuit, non comme une invite au sommeil, mais comme le pertuis, où s'engouffrent les songes.

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